On sent chez le cinéaste l’envie de retrouver les racines de la belle comédie italienne où l’humour est tempéré par l’émotion, où les répliques claquent et le fond social n’est jamais loin. Il l’obtient dans la très belle séquence de la retraite de l’ouvrier avec l’arrivée surréaliste de mépris du patron qui fait son numéro paternaliste bien rodé. En revanche, dans celle avec cet aristo dont le jardin va faire les frais du projet d’autoroute, alors même que l’instant se prêtait à un univers loufoque à la Bertrand Blier, l’histoire semble somnoler, passer un « incident » singulier.
Pour le reste, le scénario peine à décoller et les acteurs semblent un peu livrés à eux-mêmes comme s’il s’agissait d’une suite de sketches sur l’alcool et la fraternité virile. Ce qui fait que, très vite, on a le sentiment de revoir les mêmes scènes, même si le décor change, et ce, malgré quelques ruptures comme la fête de l’étudiante qui part pour l’étranger, Erasmus oblige, ou celle où les fêtards débarquent chez la femme de l’un d’eux et se couchent en vrac. Tout cela ne suffit pas, malgré une musique originale qui souligne bien des instants, à nous embarquer dans une espèce de Vitelloni moderne et le spectateur finit par trouver le temps long.
