Bien entouré, notamment de Blanche Gardin en épouse rêvant d’une vie un peu plus trépidante, Laurent Lafitte fait feu de tout bois, parvenant à changer en quelques secondes d’expression, selon qu’il est dans la peau d’Alex ou de son double. Le point d’orgue étant bien sûr le moment où il joue la bagarre entre les deux voisins (mais ne dévoilons rien !) dans un des tournants de ce récit où le drame se cache au détour de la comédie.
Si certaines scènes comiques sont très réussies – celle où Alex joue les chanteurs poétiques notamment – le film décrit en toile de fond toute une galerie de portraits assez justes, avec, par exemple la vie dans une petite entreprise, ses jalousies, la patronne qui joue la proximité… Bref, tout ce qui nourrit la petite comédie humaine. C’est aussi une réflexion, sur fond d’humour noir, sur le royaume des apparences où, derrière des airs dans la norme, certains cachent d’étranges commerces. Une comédie au ton original et grinçante à souhait.
