Une densité qui s’appuie aussi sur le duo parfait de comédien qui « porte » l’histoire de bout en bout. Marie Gillain joue avec une force incroyable, et sans jamais forcer le trait, cette sœur qui se bat contre vents et marée et que rien ne semble atteindre, on le voit dans la séquence où elle exfiltre son frangin du foyer médicalisé, malgré les menaces des responsables.
Quant à Grégory Gadebois, il prouve, cette fois encore, la subtilité de son jeu en campant un autiste tendre, qui rêve de trouver l’âme sœur, et qui promène sur l’existence un regard presque poétique, enfantin. Par son jeu, il montre bien comment un autiste peut avoir du mal à assurer des gestes banals du quotidien, tout en pouvant se sociabiliser, communiquer, s’il se retrouve dans un univers ouvert et bienveillant. « L’interprétation de Grégory est impressionnante, car il est toujours dans l’économie. D’un geste, d’un regard, sa présence irradie dans chaque situation » dit justement Hélène Medigue.
Derrière la simplicité apparente du récit, Une place pour Pierrot offre une réflexion profonde sur la difficulté d’être quand on n’est pas « comme tout le monde ». C’est subtil et émouvant.
