Amours toxiques

Malgré le jeu parfait de Vicky Krieps, capable de passer d’un vrai abattement à des éclats de vie et de joie, faisant presque montre d’une forme d’extase quand le désert « l’embarque » dans sa beauté magistrale, malgré le côté ours du dramaturge de Ronald Zehrfeld, qui a du mal à échapper à la distribution des rôles au foyer entre les hommes et les femmes, malgré une mise en scène soignée mais qui témoigne aussi d’une vision conceptuelle du monde, Ingeborg Bachmann est un beau film, mais auquel il manque un vrai grain de passion alors même qu’en se jouant sur les époques la cinéaste montre bien les déboires relationnels vécus par cette femme libre.

Au passage, ce film est aussi un hommage indirect à la force de la polyphonie linguistique et culturelle à travers le monde et pour les créateurs. Film d’une beauté austère, ce biopic singulier n’est pas aussi émouvant que le thème n’aurait pu le laisser prévoir, mais il s’en dégage une force certaine.

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