L’utopie au pouvoir !

Ce rêve de nouveau monde conduit à la re-création d’une société idéale, ce qui provoque des moments surréaliste où, pour signifier la fin de la propriété, dans un séquence dans laquelle François Béranger coiffé d’un sombrero anime une joyeuse fanfare en clamant « toutes les maisons sont comme des prisons », les pèlerins jettent les clés par les fenêtres, provoquant une entreprise de récupération. Quand la vie rime avec absurdité…

Trois cinéastes ont assuré la mise en scène : Jacques Doillon, Alain Resnais – pour les séquences fortes et verticales à New York, non dénuées d’humour noir avec notamment le suicide des capitalistes – et Jean Rouch pour la partie dédiée au Nigeria. Tourné en 16mm avant d’être « gonflé » en 35, cet An 01 a fait un tabac à Paris où il est resté dix-huit semaines à l’affiche d’une petite salle du Quartier Latin et a réuni 120 000 spectateurs.

Au fil des séquences, on voit apparaître bien des comédiens en devenir : Gérard Depardieu jeune ou encore Gérard Jugnot; Jacques Higelin en trouvère au banjo ou la bande de Charlie Hebdo, François Cavanna et le professeur Choron en tête qui jouent les conspirateurs d’un soir. Dans l’ultime séquence, on découvre même Coluche en chef de bureau revendiquant le droit à la paresse… et qui, refusant de répondre au téléphone, lance : « Rigolez pas si ça se trouve, c’est un truc important ».

Une comédie joyeusement anar et qui est le témoin de cette époque. Elle conserve une certaine force et provoque toujours à la réflexion dans les temps difficiles que nous vivons, cinq décennies après sa sortie…

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