Le résultat est un portrait sur la durée qui ne manque pas d’intensité et suit le parcours de cette jeune femme entière et doté d’un sacré franc parler, aussi déterminée quand il s’agit de monter son exploitation que lorsqu’il faut permettre à son mari d’obtenir un visa et de venir en France ou quand elle lui avoue en avoir marre de jouer « les mamans ». Et le doc de Marion Gervais montre bien comment, même avec des intentions louables et après avoir vécu des heures difficiles dans son pays d’origine, il faut suivre un vrai parcours du combattant pour espérer vivre en France. Comme le dit, toujours cash, Anaïs : “Franchement, je ne comprends même pas pourquoi il y a des fachos en France. Quand je vois que c’est si compliqué de pouvoir venir.”
En se tenant à juste distance du couple et de son intimité – la séquence où Anaïs évoque l’homosexualité de son père est filmée avec beaucoup de tact – Marion Gervais signe un portrait fort de cette jeune femme qui masque, sous ses colères, une vraie sensibilité. Il est juste dommage que certaines redites dans les plans et certaines séquences parfois un brin bavardes ne cassent le tempo d’un documentaire indéniablement fort sur le plan humain et social.
