TV : Diffusion sur Ciné+Classic, vendredi 5 mai à 20h50
LE FANTÔME DE LA LIBERTÉ, de Luis Buñuel – 1h50 (1974)
Avec Michael Lonsdale, Monica Vitti, Jean-Claude Brialy
Mon avis : 4 sur 5
L’histoire ?
Film à sketches insolites et farfelus ponctués par des scènes de repression où l’on entend le cri « A bas la liberté ». Lors de l’invasion de Tolède par les forces napoléoniennes, un capitaine de dragons français baise la statue d’une femme agenouillée et est frappé d’un coup de poing par une autre statue, celle d’un chevalier. Un homme suspect dans un parc, remet à une fillette des cartes postales qui sont censées être des images pornographiques alors qu’elle ne représentent que des monuments célèbres de Paris.
Ce qui touche dans ce film ?
Pour ce qui sera son avant-dernier film, Luis Buñuel revenait aux origines de son art : le surréalisme et l’écriture automatique qui doit « provoquer » des instants qui déterminent une certaine vérité. Sans construction raisonnée en apparence, écrit en étroite collaboration avec Jean-Claude Carrière, Le Fantôme de la liberté emprunte son titre à la première phrase du Manifeste du Parti communiste : « Un fantôme (à savoir le communisme) parcourt l’Europe« .
Jouant sur des inversions, des paradoxes ou encore des contradictions entre images et dialogues, Buñuel nous embarque pour ce 31e film dans un univers baroque et plein de déraisons. Il n’hésite pas à montrer un prisonnier sortant tranquillement du tribunal après sa condamnation à mort, Michael Lonsdale dans un costume surprenant et qui se fait fouetter les fesses… En cela, il illustre la célèbre formule de Lautréamont : « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. »

