À l’origine intitulé Rimmel, ce nouveau Blier, bénéficiant d’une campagne de pub détonante avec le slogan « Putain de film » sur les affiches, porte la griffe du cinéaste qui sait provoquer son monde.
Le nouveau trio formé à l’écran fonctionne du tonnerre et fait sonner les répliques toujours crues et humoristiques signées Blier, y compris dans le passage plus « dramatique » de l’histoire. Il faut se souvenir de la manière dont Depardieu portant un improbable slip léopard lancé à sa « proie » : « Je vais t’enculer, je vais t’enculer et ton fion jouiras ». À travers cette improbable ménage à trois, Blier, fidèle à son habitude, dresse un portrait truculent de son époque, de ses modes, de sa médiocrité. Et il abordait sous la forme de ce conte surréaliste des thèmes peu traités au cinéma à l’époque : l’homosexualité masculine, le travestissement, la prostitution et aussi la misère.
Pour l’anecdote, Blier retrouva pour ce film le compositeur qui avait signé la musique originale de son premier opus, Si j’étais un espion, en 1967. Si Serge Gainsbourg avait refusé de travailler sur d’autres films, notamment Les Valseuses, il a retrouvé Blier pour cette comédie grinçante et lui offre une magnifique bande originale.
Dernière anecdote : dans une première version de Tenue de soirée, le personnage campé par Depardieu se faisait assassiner par Antoine…
