Il ne faut pas chercher une reconstitution historique dans ce grand film d’aventures, car il y a très peu de documentation sur ces femmes et la plupart des productions sont signées d’Européens au regard aussi subjectif que parfois raciste. Il s’agit donc d’une fiction avec les ingrédients habituels du genre : des moments d’aventure pure, des histoires sentimentales, de la fraternité mis à l’épreuve du feu…. En prime, avec le portrait de ces guerrières qui n’ont pas peur de la mort et se soutiennent de manière forte, le film est en résonance avec une époque marquée par le mouvement #MeToo.
Le film est aussi l’occasion d’évoquer le commerce triangulaire à une époque complexe où certains politiques du Royaume de Dahomey voulaient s’opposer à la traite des esclaves, alors que la réussite économique du pays était tributaire de celle-ci. Commentaires de Gina Prince-Bythewood : « Nanisca est à la croisée des chemins. Comme elle vieillit, elle sait qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps à se battre, et elle voit comment aider le Dahomey à se désengager de la traite des esclaves. Car il ne suffit pas de proclamer qu’on ne vend pas ses propres enfants. »
Avec la présence centrale de Viola Davis, très convaincante, et malgré parfois quelques longueurs dans les scènes de combat notamment, ce film d’aventures rend un hommage appuyé à ces femmes qui étaient issues de milieux différents et de plusieurs villages. Le coordinateur d’action Daniel Hernandez a voulu, secondé par la nutritionniste et entraîneuse Gabriel Mclain, que les comédiennes signent 90 % de leurs scènes de combat. Un entraînement payant et qui se voit à l’écran avec des affrontements inspirés notamment des méthodes de combat des Zoulous (le film a été tourné en Afrique du Sud)..
