Une critique de cinéma redoutée

On mesure aujourd’hui, où le métier de critique de cinéma se confond trop souvent avec de la promotion, à quel point son style mordant, son langage direct – elle n’hésite pas évoquant une séquence avec Jack Nicholson à évoquer un « cunnilingus »- avait de quoi faire des remous dans le Landerneau cinématographique, très masculin et conservateur.

Le portrait est élogieux mais, pour autant, il ne fait pas l’impasse sur certaines erreurs de la dame, voire sa cruauté. Ainsi David Lean raconte comment il fut humilié publiquement par la critique au point qu’il décida d’arrêter sa carrière. « Cela a eu un effet dévastateur sur moi« , reconnaît-il. Avec le recul, John Boorman, qui fut témoin de la scène, raconte comment il en est encore secoué rien qu’à se souvenant de l’attaque frontale de Pauline Kael et du désarroi d’un cinéaste connu et célébré.

En revanche, Pauline Kael ne barguignait pas avec les compliments quand un cinéaste la touchait, comme ce fut le cas avec Orson Welles ou encore Robert Altman. Si elle n’a jamais signé d’autobiographie, elle publia un recueil d’articles dont le titre sonnait comme une carte de visite : « Kiss Kiss Bang Bang. »

Morte à 82 ans, en 2001, Pauline Kael fut aussi une journaliste féministe qui dut batailler pour s’imposer dans un monde très masculin. Évoquant son coup de griffe, Robert Garver conclue : « (…)Je crois que ni la célébrité ni la publicité ne l’intéressaient. Elle voulait BIEN écrire, faire entendre sa propre voix. C’est ce qui la rend si vivante. Ses phrases sont vivantes, son esprit et son cœur sont vivants, tout le temps, partout. Et lorsque les films n’étaient pas très bons, ses articles étaient souvent bien meilleurs. »

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