Elio Germano à la folie !

JE VOULAIS ME CACHER, de Giorgio DIritti – 1h59

avec Elio Germano, Orietta Notari, Pietro Traldi

Sortie : mercredi 7 juillet 2021

Mon avis : 4 sur 5

Le pitch ?

Expulsé par l’institution suisse qui s’occupait de lui à la fin de la Première Guerre mondiale, Antonio se retrouve en Italie contre sa volonté. Sans attache, vivant dans un grand dénuement, il s’accroche à sa raison de vivre, la peinture qu’il pratique en autodidacte. Peu à peu du public à la critique son « art » va bousculer l’académisme. Le destin incroyable et vrai d’Antonio Ligabue, qui marqua son art.

2 raisons d’y aller ?

L’évocation d’un artiste « oublié ». Peu connu du grand public, Ligabue a pourtant marqué l’histoire de l’art et de la peinture naïve aux côtés du Douanier Rousseau ou encore de Séraphine de Senlis. Le film a le mérite de retracer le parcours hors du commun de ce peintre qui passa, avant sa célébrité, pour le « fada » du village et qui exprimait à travers ses autoportraits le besoin de communiquer avec les autres en se montrant.  Ou qui célébrait l’univers refuge des animaux, soit dans l’affrontement d’animaux sauvages, soit dans un cadre campagnard plus bucolique. La mise en scène de Giorgio Diritti, marquée de l’influence d’un Ermanno Olmi, sort de la simple biographie en images mais, en morcelant l’histoire, à faire passer les émotions d’un être à part qui se dévoile en peignant. « Nous tous dans la vie avons éprouvé le sentiment d’être rejetés ou jugés, en tout cas d’être inadéquats au monde, au sens le plus simple. Voilà le projet du film : dire l’histoire de Ligabue mais, tendre un miroir à nous tous. »

Découvrir les métamorphoses d’un grand acteur. Sans Elio Germano osant toutes les variations pour faire revivre Ligabue, le film n’aurait pas la puissance qu’il a. Récompensé par l’Ours d’argent du meilleur acteur au dernier Festival de Berlin, l’acteur est bluffant tant il donne  » à voir » les désordres intérieurs de Ligabue qui exprime un désir d’identification avec les animaux et peut passer d’une grande douceur à des accès de violence. Un homme qui, malgré ses dérive intérieures, n’est jamais dupe de la société des hommes, y compris quand elle le célèbre. Ligabue incarne aussi à travers lui un homme ancré dans la société rurale mais fasciné aussi par le monde moderne en pleine éclosion comme le prouve sa fascination pour la moto et la voiture.

Un hommage vibrant à un peintre dont la « naïveté » ne doit pas masquer une grande profondeur. Le film a déjà fait un carton en Italie où il a remporté sept Donatello – l’équivalent des César – dont celui du meilleur acteur, meilleur réalisateur et meilleur film.

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