HISTOIRE D’UNE MACHINATION JUDICIAIRE

Avec Le Cas Richard Jewell, sorti en 2019, Clint Eastwood signait une farce en forme de cauchemar.

Diffusion sur Canal +, mardi 2 février, 21h10

En 1996, Richard Jewell fait partie de l’équipe chargée de la sécurité des Jeux d’Atlanta. Il est l’un des premiers à alerter de la présence d’une bombe et à sauver des vies. Mais il se retrouve bientôt suspecté… de terrorisme, passant du statut de héros à celui d’homme le plus détesté des États-Unis. Il fut innocenté trois mois plus tard par le FBI mais sa réputation ne fut jamais complètement rétablie, sa santé étant endommagée par l’expérience.

Toute la force du film de Clint Eastwood, c’est de faire le portrait d’un paumé docile. Entre cauchemar éveillé et farce, ce drame montre bien comment un individu banal peut se retrouver plonger dans un engrenage qui va le broyer, alors même que la société en faisait quelques jours avant un héros national. Lui se contente alors de dire, en vrai modeste : « Je ne faisais que mon job ».

Si le film n’est pas exempt de quelques longues, Eastwood s’avère une fois encore un solide directeur d’acteurs. En formant un duo improbable entre Paul Walter Hauser, qui fait passer toutes les fêlures de son personnage, et Sam Rockwell, qui joue un avocat improbable en bermuda et sandales, il parvient à nourrir un récit où tout est relativisé. Ce qui permet au cinéaste d’utiliser son arme fatale : l’ironie pour se stigmatiser une société de tous les excès, médiatiques y compris.

Commentaires du cinéaste : « L’histoire de Richard Jewell m’a intéressé parce que c’était quelqu’un de normal, un monsieur tout-le-monde. Il n’a jamais été poursuivi, mais il a été largement persécuté. Les gens se sont empressés de l’accuser ; il n’a pas pu échapper à ces accusations et pendant longtemps il est resté trop naïf et idéaliste pour se rendre compte qu’il devait sauver sa peau. C’est pour cela que je voulais faire ce film, pour réhabiliter l’honneur de Richard. »

Le pari est réussi avec ce biopic d’un homme ordinaire.

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