FEMMES DE L’OUEST

PATRIMOINE


JOHNNY GUITARE, de Nicholas Ray – 1h50

Avec Joan Crawford, Sterling Hayden

Sortie : février 1955

Nicholas Ray n’est pas un cinéaste du tiède. QUand il se lance dans le western, il lui impose sa griffe. On le mesure avec les scénario d’un western crépusculaire et avant-gardiste, tel que Johnny Guitare. Tenancière d’un saloon, Vienna embauche Johnny Logan comme musicien, un homme qu’elle a connu autrefois. Ils vont être en proie à la haine d’Emma Small, jalouse de Vienna et de sa relation avec le héros local, le « dancing kid », qu’elle croit à l’origine de la mort de son frère lors d’une attaque…

Au départ, on peut lire cette histoire comme un western des familles avec son décor de saloon, cette histoire d’amour perdu… Or, Nicholas Ray fait un western de femmes avec une Joan Crawford  (Vienna) portant un colt au côté et qui incarne une ancienne prostituée qui a pris du galon, libre et passionnée qui affronte une vieille fille puritaine et frustré, campée par Mercedes McCambridge.

Face au vêtement coloré d’une Vienna, les mâles sont noyés dans une meute et d’un groupe toujours veule et imbécile, des pèlerins vêtus de noir car de retour d’un enterrement lors de l’ouverture du film. Et même s’il est complexe, le personnage de ce Johnny Guitare est bien moins fort que celui d’une Vienna. Le musicien pistolero reste, in fine, au second plan alors même qu’il donne son nom au film ! Pour l’anecdote, si Ernest Borgnine campe comme à l’accoutumée un sale type, on peut entrevoir quelques secondes Dennis Hopper.

Avec ce saloon au décor de théâtre, avec la musique originale (au premier sens du mot) de signée Victor Young, Nicholas Ray signe un western détonnant dans l’univers hollywoodien des années 50. Un mélo flamboyant qui porte la marque du futur réalisateur de La Fureur de vivre.

 

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