UN BRÛLOT PACIFISTE

PATRIMOINE


JOHNNY S’EN VA-T-EN GUERRE, de Dalton Trumbo – 1h50

Avec Timothy Bottoms, Don ‘Red » Barry, Kathy Fields

Sortie : octobre 1972

Quand Dalton Trumbo, scénariste réputé pour son talent et pour avoir été une des victimes célèbres de la sinistre chasse aux sorcières à Hollywood, sort son premier film, cela créé un choc. L’histoire se déroule durant la Première Guerre mondiale. Un jeune soldat est blessé par une mine : il a perdu ses bras, ses jambes et toute une partie de son visage. Il ne peut ni parler, ni entendre, ni sentir mais reste conscient. Dans la chambre d’un hôpital, il tente de communiquer et se souvient de son histoire.

Les images et les propos du film secouent les consciences. Au Festival de Cannes, il remporte le Grand Prix du jury. Sorti alors que le conflit du Vietnam continue de fournir des sombres images d’actualité et son lot de morts et de blessés graves, le film montre bien comme la écrit Prévert, la « connerie de la guerre »


Dalton Trumbo n’avait jamais réalisé de film et avait même pensé confier la mise en scène à son ami Luis Buñuel qui ne donnera pas suite, trouvant le sujet intimement lié à son auteur, ce qui ne l’empêchera pas d’apporter sa touche à certains plans.

Film  politique et d’un humanisme total, le brûlot pacifiste de Trumbo se joue habilement des passages en couleur ou en noir et blanc et ménage quelques séquences d’une émotion rare, notamment dans les rapports entre l’infirmière et le jeune blessé, en abordant même, avec une infinie délicatesse, la question de la sexualité. Et on ne peut qu’être bluffé par l’interprétation sobre et puissante de Timothy Bottoms qui cherche des raisons de survivre tout au long de ce film.

Une œuvre unique en son genre et qui résonne de façon singulières en ces jours de commémoration d’un conflit qui marqua à jamais l’Europe.

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