Avec Tout simplement noir, à l’affiche le 8 juillet, le cinéma hexagonal pourrait dénicher la comédie idéale pour l’été. La triste actualité sur les récentes violences envers la communauté black offrant, en prime, une caisse de résonance au pari de Jean-Pascal Zadi et John Wax.
Mieux vaut en rire que de signer un pamphlet. C’est ce qui vient à l’esprit quand on lit le scénario de Tout simplement noir. Le pitch ? JP, un acteur raté de 40 ans, décide d’organiser la première grosse marche de contestation noire en France, mais ses rencontres, souvent burlesques, avec des personnalités influentes de la communauté et le soutien intéressé qu’il reçoit de Fary, le font osciller entre envie d’être sur le devant de la scène et véritable engagement militant…
D’entrée de jeu, Jean-Pascal Zadi annonce la couleur. Dans les colonnes du JDD, il souligne : « Je ne voulais pas faire un film de Noirs pour les Noirs. La couleur n’est pas le sujet principal : le héros aurait pu être juif ou rouquin, sa trajectoire aurait été la même. »
Filmant caméra à l’épaule, à la manière d’un documentaire, les errances de deux paumés – Fary et Zadi dans leur propre rôle – rêvant de monter une marche des fiertés noires, le film opte pour une belle pagaille visuelle avec un casting des familles : JoeyStarr, Claude Tagbo, Jonathan Cohen ou encore Fabrice Êboué (tous ayant accepté de jouer pour le même cachet)…
En tournant, Jean-Pascal Zadi ne se doutait pas que la triste actualité des violences policières – aux États-Unis comme en France- libère la parole dans un climat politique des plus tendus. Au fil d’un récit qui multiplie les invités de marque, le film offre quelques surprises comme celle où un réalisateur mobilisé face à la souffrance de l’Afrique (Mathieu Kassovitz) devient indécent dans une scène plutôt violente.
Loin du pamphlet, Jean-Pascal Zadi et John Wax nous questionnent sur l’identité noire africaine en France, plutôt complexe, sans oublier que le sourire peut être une arme contre l’obscurantisme.
