PARK, de Sofia Exarchou – 1h40
Avec Dimitri Kitsos, Dimitra Vlagopoulou, Enuki Gvenatadze
Sortie : mercredi 8 juillet 2020
Mon avis : 3 sur 5
Le pitch ?
Le village Olympique d’Athènes, dix ans après les Jeux. Des jeunes désœuvrés, des athlètes à la retraite blessés et des chiens sans maître errent entre les ruines et les arènes sportives à l’abandon.
Ce qui touche dans ce film ?
Le décor du village olympique abandonné d’Athènes a inspiré la réalisatrice Sofia Exarchou pour qu’il serve de décor aux errances d’un groupe d’adolescents dans un lieu abandonné au cœur d’un pays dont on sent par l’intermédiaire de l’artisan marbrier, qu’il connaît une crise profonde. La réalisatrice confie : « Cet endroit semble abstrait, comme s’il pouvait exister à n’importe quelle époque, n’importe où dans le monde. Mais en même temps, il a une forte signification symbolique pour la Grèce. Les jeux Olympiques de 2004 ont apporté beaucoup d’espoir à l’ensemble du pays, mais ont finalement marqué son effondrement. Maintenant, il existe en tant que no man’s land non pas à cause d’une guerre ou quelque chose comme ça, mais en tant que no man’s land créé par les J.O. et je trouve fascinant d’en parler. »
Utilisant des comédiens non professionnels, Sofia Exarchou a su capter le naturel des jeunes au cours de séquences qui décrivent bien leur mode de vie de désœuvrés, entre jeu sur les douches remises en marche le temps d’un bain collectif, les moments où l’on tue dans des installations aujourd’hui délabrées… Des jeunes dont on sent qu’ils n’ont qu’un rêve : fuir cet endroit déshumanisé et où l’avenir ressemble à un no future. Même l’histoire d’amour et de sexe semble promise à un échec tant ces jeunes semblent soumis à une routine insupportable.
Sachant capter au plus près la vie de ces jeunes avec une caméra à l’épaule, la cinéaste parvient à nous faire ressentir la mélancolie de cette vie où, seules, les soirées alcoolisées apportent un instant de fuite. Jouant entre lyrisme et réalisme, Park décrit bien comment ces adolescents sont pris au piège. On peut juste trouver que certains moments tirent un peu en longueur (les scènes de danse et de beuverie notamment) et, si elles avaient été plus courtes, elles auraient sans doute donné un rythme plus soutenu à cette tranche de vie mélancolique.
