Loin de la célèbre saga d’animation, Madagascar méritait bien un film de fiction. C’est chose fait avec Hangosoa, sur les écrans le 4 mars. Edouard Joubeaud y décrit la réalité d’une culture et d’un pays.
Hangasoa est l’histoire de Haingo, une jeune mère célibataire du sud de Madagascar qui ne parvient pas à payer la scolarité de sa fille. Quand une compagnie de danse de la capitale lui propose un contrat à l’essai, Haingo saisit cette chance, quitte sa famille et monte à Tananarive. Elle n’a que quelques jours pour apprendre une danse qui lui est totalement étrangère. Après être t
ombé amoureux de cette île magnifique en 1999, Edouard Joubeaud a voulu se servir du pays et de sa culture pour raconter le parcours de cette femme qui se bat pour joindre les deux bouts, réaliser ses rêves et payer l’école de sa fille.
Au fil du temps, Madagascar est devenu le pays de cœur du cinéaste qui a appris le malgache, a étudié l’histoire du pays, et y a rencontré un vivier d’artistes tout en menant des initiatives pour les Nations unies. Sa rencontre avec le musicien-danseur Remanindry, connu pour ses musiques chamaniques transposées des cultes de possession à la scène, a joué un facteur déclencheur dans l’envie de tourner ce film. C’est d’ailleurs Haingo, fille cadette de Remanindry, qui tient le rôle principal de son premier long métrage.
Ce beau portrait de femme, filmé avec une douceur, est porté par la réunion de plusieurs générations de compositeurs et musiciens malgaches. Ainsi Remanindry incarne la musique de l’Androy, la région aride du Sud de l’île, tandis que la Compagnie RandriaErnest de Tananarive représente la danse et la musique des hautes terres d’aujourd’hui. Enfin, Dadagaby, l’un des compositeurs du film, est iun monument de la musique malgache. Décédé en 2018, cet artistel est l’auteur de dizaines de tubes connus de tous les Malgaches telles que Ny Voninavoko, Mananjary ou Iza Ireo.
Une autre manière de découvrir Madagascar.
