LAMBERT WILSON PREND DU GRADE

La mode du biopic continue de contaminer le cinéma français. La preuve avec De Gaulle, de Gabriel le Bomin, qui permet à Lambert Wilson de se glisser dans le costume du Général. Un exercice toujours difficile à découvrir le 4 mars sur grand écran.

Avec De Gaulle, Gabriel le Bomin a centrer son biopic sur une époque charnière : celle où l’obscur général croise l’Histoire en prenant tous les risques. Le pitch ? Nous sommes en mai 1940. La guerre s’intensifie, l’armée française s’effondre. La panique gagne le gouvernement qui envisage d’accepter la défaite. Un homme, Charles de Gaulle, fraîchement promu général, veut infléchir le cours de l’Histoire. Sa femme, Yvonne de Gaulle, est son premier soutien, mais très vite les évènements les séparent. Yvonne et ses enfants se lancent sur les routes de l’exode. Charles rejoint Londres. Il veut faire entendre une autre voix : celle de la Résistance.

Ayant déjà abordé cette figure historique dans les documentaires comme dans la fiction, Gabriel le Bomin souligne : « J’avais évidement des connaissances sur la Résistance intérieure mais rien de très complet sur cette Résistance extérieure… De Gaulle était également présent dans mes documentaires sur la collaboration, sur la guerre d’Algérie, sur la Ve République dernièrement et quand nous avons commencé à réfléchir à un sujet de film sur ce personnage historique avec Valérie Ranson-Enguiale ma coscénariste, nous sommes vite tombés d’accord sur le fait que nous ne pouvions pas raconter toute sa vie car il y a plusieurs de Gaulle en un. Alors, par où l’aborder ? Ce qui nous a intéressé c’est le de Gaulle « illégitime » : l’homme de juin 1940, celui qui dit « non ». C’est sans doute le moment de sa vie où il est le plus fragile, le plus intéressant donc le plus humain…« C’est à Lambert Wilson qu’a échu, à la manière américaine, le défi de camper le Général. affublé d’un menton et d’un nez factice. Pour Gabriel le Bomin, c’était une évidence et il le dit : « Lambert a fait la différence d’autant qu’il a le goût de jouer des personnages romanesques et des figures de l’Histoire comme l’Abbé Pierre ou le Commandant Cousteau. C’est un acteur qui ne recherche pas forcément le naturalisme, il aime construire un rôle. Etant nourrit de cette tradition anglo-saxonne, il n’a pas peur de jouer avec son corps, avec les artifices. Lambert a beaucoup aimé chercher « l’incarnation » et collaborer avec les prothésistes et les maquilleurs durant les longues heures quotidiennes de sa transformation. » L’autre parti pris du cinéaste, c’est d’avoir mis au cœur de son film le couple formé par Charles et Yvonne (jouée par Isabelle Carré), une relation amoureuse que la naissance de leur fille trisomique n’a pas émoussé.

Pour la première fois, De Gaulle est porté aujourd’hui au cinéma : reste à savoir si l’image du « sauveur » de 1940 va attirer foule dans une fiction au grand écran…

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