UNE PARODIE SANS FIN

BÊTES ET BLONDES, de Maxime Matray et Alexia Walter – 1h41

Avec Thomas Scimeca, Basile Meilleurat, Agathe Bonitzer

Sortie : mercredi 6 mars 2019

Mon avis : 2 sur 5

Le pitch  ?

Fabien a toujours l’air égaré, et même un peu perché, quand il se réveille. Ephémère vedette d’une sitcom des années 90, il perd régulièrement la boule et la mémoire depuis la disparition de Corinne, sa partenaire à l’écran qu’il aimait tant. Plus rien de l’étonne, pas même sa rencontre avec Yoni, un jeune garçon plein de larmes, qui trimballe dans un sac la tête de son amant, beau comme un rêve, troublant comme un souvenir, comme un reproche… Pour Fabien, il est l’heure de remonter le temps.

Et alors ?

L’originalité, ce film n’en manque pas avec ce récit qui oscille entre réalisme et surréalisme autour de cette histoire d’amour et de fuite. Venant des arts plastiques, Maxime Matray et Alexia Walter se sont inspirés d’une citation de l’écrivain, poète et peintre Henri Michaux, : elle évoque quelqu’un qui part chercher un baiser et revient avec une tête. `

Sur  ce canevas, ils ont concocté une histoire en trois tableaux d’où l’onirisme et les références littéraires ne sont jamais absents. Ils soulignent : « Nous avions le désir de suivre un personnage qui était comme un chien vagabond, le personnage de Fabien, et de construire et confronter deux trajectoires parallèles, celles de Fabien et de Yoni. Ces trajectoires sont, au départ, très dissemblables, mais sont toutes les deux infléchies très fortement par du vide, par une absence. Il manque quelque chose à ces deux personnages, ils se rapprochent de manière un peu animale, à l’instinct, puis le film choisit de les amalgamer. »

Jouant notamment sur les codes de la sitcom des années 80, le temps de la télévision selon Dorothée par exemple, ils ont choisi le 4/3 qui était le format historique de la télévision.

Dans ce conte moderne, où figure tout un bestiaire – des escargots à la buse qui emporte le sac précieux -passent des figures étranges comme celui campé par l’énigmatique Agathe Bonitzer et qui sert de révélateur à Fabien. « La rencontre avec Katia est le seul moment du film où une bifurcation est proposée à Fabien, une bifurcation qui lui permettrait de vivre quelque chose de différent, de changer son destin » ajoutent Maxime Matray et Alexia Walter.

Thomas Scimeca, quant à lui, met beaucoup de conviction pour faire vivre ce personnage lunaire et qui semble toujours vivre à côté de son ombre, perdu dans des pensées profondes.

Un film étrange qui n’évite pas toujours les longueurs et les redites mais qui a indéniablement une certaine originalité. Pour autant,  on peut être complètement étranger à ce type d’univers…

Laisser un commentaire