TOUJOURS SEULS ?

PREMIÈRES SOLITUDES, de Claire Simon

Documentaire – 1h40

Sortie : mercredi 14 novembre 2018

Mon avis : 3 sur 5

Le pitch ?

À 16-18 ans, si on a de la chance, on est au lycée. Dans un établissement d’ Ivry, on discute entre les cours, même parfois pendant les cours.  Assis dans les couloirs, dehors sur un banc ou sur un parapet avec vue sur la ville, les jeunes gens dialoguent à deux ou à trois. Ils découvrent leurs histoires respectives, celles dont ils héritent, racontent leur famille, leurs passions et aussi leur solitude.
À cet âge-là, chacun voit le moment où il faudra quitter sa famille, quand elle existe… ou la fuir encore plus quand elle est toute cassée.
Être seul, c’est bien et c’est mal. On cherche, on en discute.

Et alors ?

Au départ, tout est parti d’une rencontre de Claire Simon avec dix élèves de première, de la spécialité cinéma, du lycée Romain Rolland d’Ivry-sur-Seine, avec lesquels elle devait écrire et réaliser un court métrage de fiction.  Se faisant aider par quelques élèves pour la technique, elle les a fait défiler devant la caméra en choisissant la solitude comme thème. Elle raconte : « J’ai choisi la solitude comme question parce que ça me semblait l’expérience la plus intéressante à partager au-delà des générations. » Au fil des confidences, elle a eu l’idée de tourner un film sur la question en revenant filmer certains adolescents.Jouant sur la discussion, qui est souvent au cœur des relations entre les jeunes, elle filme au plus près leurs dialogues et leurs interrogations sur la vie avec quelques focus sur les passions de certains d’entre eux, comme la danse qui motive Anaïs, faisant partager cet engouement à certains de ses camarades plus ou moins doués.

Au fil des dialogues, on ne peut qu’être étonné par la franchise dont font montrent ces jeunes adultes, qui vivent parfois (trois d’entre deux ne sont pas dans ce cas) une vie compliquée avec des parents séparés.  Ainsi Judith raconte son parcours de jeune nigérienne adoptée, après la mort de ses géniteurs, et qui voudrait bien gagner sa vie pour aider ses frères et sœurs restés au pays sans pour autant délaisser son copain. Pourtant, elle dit : « Il y a ma famille et il y a lui, mais ce serait quand même ma famille en premier, même si je l’aime plus que tout le gars… » Ou encore cette jeune fille qui vient rêver avec sa meilleure amie dans l’Île St-Louis où elle passa son enfance, avant la séparation de ses parents. Ou Hugo qui avoue avec une étonnante franchise qu’il déteste son corps.

En évoquant un avenir plus ou moins proche, ces jeunes sortent alors d’une forme de solitude moderne. Claire Simon signe, avec ce doc classique mais émouvant, un zoom sur des jeunes qui, malgré tout, ont des raisons d’espérer en l’avenir.

 

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