PARIS EST UNE FÊTE…

DILILI À PARIS, de Michel Ocelot – 1h35

Film d’animation

Sortie : mercredi 10 octobre 2018

Mon avis : 5 sur 5

Le pitch ?

Dans le Paris de la Belle Époque, en compagnie d’un jeune livreur en triporteur, la petite kanake Dilili mène une enquête sur des enlèvements mystérieux de fillettes. Elle va d’aventure en aventure à travers la ville prestigieuse, rencontrant des hommes et des femmes célèbres, qui l’aident, et des méchants, qui sévissent dans l’ombre…

Pourquoi y courir ?

Après avoir évoqué bien des contrées lointaines dans ses précédents films d’animation, Michel Ocelot a voulu faire de Paris le décor de cette nouvelle aventure où une jeune kanake mène l’enquête. « J’ai le droit de goûter à tout, je goûte à tout. Paris fait évidemment partie des lieux extraordinaires à célébrer, en plus j’y vis et je l’aime. Au début, j’y ai pensé surtout comme un décor et des costumes. J’ai choisi la Belle Époque parce que c’était le dernier moment où les femmes portaient des robes jusqu’à terre, tenue nécessaire pour faire rêver de reines, de princesses et de fées. »

Mariant une enquête policière à une évocation de ces années 1900 si vivantes sur le plan culturel et politique – on y croise des peintres comme Renoir, Toulouse-Lautrec, des écrivains comme Proust et Colette, des musiciens comme Ravel…- Dilili à Paris recrée à merveille l’atmosphère de la Belle Époque.Au cœur de l’animation, il y a un plaidoyer pour la défense des femmes à travers l’esclavage dans lequel sont soumises ces jeunes filles enlevées par les Mâles-Maîtres. « C’est une des grandes monstruosités du monde. Il suffit de lire les journaux, de nombreuses publications. J’ai particulièrement été frappé par «Le livre noir de la condition des femmes» de Christine Okrent et Sandrine Treiner et par «La moitié du ciel» de Nicolas Kristof et Sheryl Wudunn, l’une et l’autre étude concernent tous les continents. Il faut en être conscient et ne pas faire comme si on ne savait pas. Un des aspects terribles de ce phénomène est qu’il ne concerne pas seulement les femmes, mais aussi les petites filles. La France n’échappe pas à ces horreurs » souligne le cinéaste. Et à travers le regard de la jeune kanake, ce film d’animation permet une fois encore à Michel Ocelot de défendre la différence et de dénoncer, sans enfoncer le clou, tous les racismes.

Mise en scène fluide, finesse de l’animation – avec un mélange de 3D et de photographies des lieux – et séquences fortes  (la rencontre entre Sarah Bernhardt, Louise Michel et Marie Curie, unies pour défendre la liberté des femmes), Dilili à Paris est une promenade féérique dans ce Paris oublié doublé d’une enquête policière qui est tout, sauf neutre. Le tout est accompagné de la voix de Nathalie Dessay qui prête la signe à celle de la cantatrice Emma Calvé. Et offre un moment fort dans le vol du dirigeable autour de la tour Eiffel. Un grand film d’animation.

En un clic, le site pédagogique.

 

 

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