LA JEUNE MÈRE SANS TOIT

MOBILE HOMES, de Vladimir de Fontenay – 1h46

Avec Imogen Poots, Callum Turner, Callum Keith Rennie, Frank Oulton

Sortie : mercredi 4 avril 2018

Mon avis : 4 sur 5

Le pitch ?

Ali et Evan multiplient les petites combines pour survivre, entraînant dans leurs histoires le jeune fils de la première. Mais pour la mère, cette vie sur les routes devient de plus en plus insupportable. Elle est prête à se poser, à offrir un foyer stable à son enfant, quitte à prendre des décisions radicales…

2 raisons d’y aller ?

Un cadre original. En choisissant pour décor ces campements déshumanisés de mobile homes, Vladimir de Fontenay opte pour un cadre original qui permet d’évoquer la crise frappant bien des pays dits développés sous un autre angle. Il souligne d’ailleurs : « Dans le film, le mobile home représente à la fois un rêve pour Ali, le personnage principal, mais aussi ses impossibilités à trouver une place, un foyer. » Ne serait-ce cette neige qui donne un côté anonyme d’une de ces villes de l’Ontario au Canada, l’inévitable motel cher au continent américain, que l’on pourrait se croire en Italie, en France dans ces cadres citadins qui se ressemblent tous. Ce qui confère aux errances d’Ali et de son fils une portée plus universelle.

En prime, il y a la belle relation d’Ali et de son fils, un gamin en rupture de société, qu’elle défend bec et ongles, y compris quand il s’agit de prendre une décision radicale pour le tirer d’affaire. Pour lui, elle prend tous les risques comme le montre la séquence forte de la police dans un bar de route où Evan se sert du petit comme d’une mule pour vendre ses shoots de came.

Le portrait fort d’une femme à la dérive. On est surpris de voir comment Imogen Poots parvient à nous faire partager le quotidien, les émotions, et les fêlures de cette jeune mère paumée et qui vit au jour le jour. Ne jouant sur aucun artifice, ne portant pas de jugement, Vladimir de Fontenay nous permet de l’appréhender, tout comme son petit ami d’ailleurs, dans toutes ses contradictions. Même quand elle fait un sale coup à Robert, le gérant du campement de mobil homes qui l’héberge et lui trouve un petit job sans essayer de profiter de la situation. Déjà vue dans Knight of Cups, de Terrence Malick et Broadway Therapy, de Peter Bogdanovitch, Imogen Poots peut aussi bien faire passer une vraie détresse qu’un côté désarmant, voire un tempérament presque comique.

Une chronique intimiste aussi émouvante que -très – bien jouée et qui décrit tout un monde de petites gens perdus dans une société de plus en plus mondialisée.

 

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