L’AUTRE VISAGE D’UNE DIVA

MARIA BY CALLAS, de Tom Wolf – 1h53

Documentaire avec la voix de Fanny Ardant

Sortie : mercredi 13 décembre 2017

À mon avis : 3 sur 5

Le pitch ?

Artiste en quête d’absolu devenue icône planétaire, femme amoureuse au destin hors du commun, Maria by Callas est le récit d’une vie exceptionnelle à la première personne. Callas dévoile Maria, et révèle une personnalité aussi enflammée que vulnérable. Un moment d’intimité auprès d’une légende et toute l’émotion de cette voix unique au monde.

Et alors ?

Pour quelqu’un qui ne connaissait pas Maria Callas en 2013, Tom Wolf s’est bien rattrapé. Tout ça parce qu’il avait assistait à une représentation de Maria Stuarda de Donizetti. Il raconte : « Je ne connaissais rien à l’art lyrique mais cet opéra m’a donné envie d’en entendre davantage. En rentrant chez moi, j’ai surfé sur Internet, cherchant d’autres interprétations de Donizetti et La Callas est sortie. Le choc a été si violent que j’ai passé la nuit à écouter tout son répertoire. J’ai à peu près lu tout ce qui avait été écrit sur elle et, très vite, j’ai rencontré les gens qui l’avaient connue. Mon intuition première était de redonner la parole et remettre La Callas au centre du récit de sa vie, dont la légende est truffée de contre-vérités. »

Au terme d’un long travail documentaire, il propose une foule de documents inédits et personnels sur

cette femme qui disait :  « Il y a deux personnes en moi, Maria et La Callas… »  Une femme que l’on sent, durant tout le documentaire – Fanny Ardant lui prête avec mimétisme sa voix off – à la recherche de l’amour absolu et qui sera déchirée par une société demeurée encore très machiste. La moisson a été fructueuse pour le cinéaste qui souligne : « À chaque rencontre, la plupart ouvraient leurs tiroirs et sortaient des photos personnelles, des lettres de Maria, des films super8 pris lors d’une après midi entre amis, des enregistrements… J’ai regardé tout cela après un an et demi et je me suis rendu compte que la matière était inédite et précieuse. Dans la plupart des documents, Maria se racontait elle-même. »

En Grèce en 1969 avec Pasolini.

Si certaines images sont parfois répétitives, le résultat est bel et bien étonnant et on ressort du film avec le sentiment d’avoir croisé la vraie Maria dont le cabotinage ponctuel est une ultime protection face à un monde qui la blesse. Enfin, il y a une séquence passionnante sur le tournage de Médée où l’on mesure la relation profonde qui l’unissait à Pier Paolo Pasolini (ci-contre).

Dédicacé au majordome Feruccio et à la femme de chambre Bruna -La Callas considérait qu’il faisait « partie de la famille », note Tom Wolf –  ce documentaire est une pièce majeure pour qui veut découvrir dans l’intimité la Diva sans doute la plus médiatique du monde. Mais la connaissait-on bien ?

 

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