L’AMOUR N’A PAS D’ÂGE…

LOVE IS STRANGE, d’Ira Sachs – 1h38

Avec Alfred Molina, John Lithgow, Marisa Tomei

Sortie : mercredi 12 novembre 2014

Je vote : 3 sur 5

Lis_photo3Quezako ?

Après 39 ans de vie commune, George et Ben décident de se marier. Mais, au retour de leur voyage de noces, George se fait subitement licencier. Du jour au lendemain, le couple n’est plus en mesure de rembourser le prêt de son  appartement new-yorkais. Contraints de vendre et déménager, ils vont devoir compter sur l’aide de leur famille et de leurs amis. une nouvelle vie les éloignant l’un de l’autre, s’impose alors dans leur quotidien.

2 raisons d’y aller ?

Lis_photo2Une   description forte du sentiment amoureux. A travers l’odyssée de ce vieux couple d’hommes, et de leur obligation de cohabiter un temps avec des amis,  Ira Sachs réussit à dresser une carte assez juste du sentiment amoureux au fil du temps. Leur irruption dans la vie de copains ou de membres de leur famille joue comme un révélateur dans le quotidien. Ainsi Kate et Elliot, un couple qui approche la cinquantaine, voit sa vie bouleversée par l’installation de Ben, même s’il aiment beaucoup cet oncle. Ira Sachs dit : « À travers Kate et Elliot, un couple marié qui approche la cinquantaine, nous observons l’amour en crise, et comment l’on se retrouve souvent confronté à soi-même de façon véridique et surprenante au milieu de sa vie. leur fils grandit à vue d’œil, leurs vies rangées sont perturbées par la présence inopinée de leur oncle; et tout ce qu’ils tenaient pour vrai devient soudainement beaucoup moins certain. »

Lis_photo7Si New-York est un personnage à part entière du scénario – avec une galerie de portraits qui pourraient surgir chez un Woody Allen – cette histoire est aussi une façon un brin ironique de décrire la société américaine. Avec, par exemple, la séquence où George apprend son licenciement par le prêtre qui dirige l’école où il enseigne la musique. Une décision motivée par leur mariage.

Il y ainsi plusieurs pistes de réflexion dans cette histoire où les destins se croisent : sens de la fraternité, peur de la maladie, deuil… Et, derrière l’histoire du couple et de leurs amis généreux, se dessine une description fine de toute une société américaine. Commentaires d’Ira Sachs : « Ce qui arrive à Ben et George soulèvent beaucoup de débats présents dans la société américaine : l’égalité devant le mariage, le conservatisme religieux et la discrimination, les inégalités de revenus, l’état de notre système social. mais cela va aussi au-delà : si les thématiques du film sont politiques, le résultat est profondément humain. le film est pour beaucoup le constat de comment les gens sont liés entre eux, et comment ils prennent soin les uns des autres » ajoute le cinéaste.Le casting réussi. Pour réussir cette partition sensible sur le sentiment amoureux, il fallait deux acteurs solides. John Lithgow et Alfred Molina font une composition fine et jamais caricaturale de ces deux hommes qui s’aiment depuis des années et ont tissé des relations profondes, s’entourant d’une belle bande d’amis. »Il y a quelque chose de très rassurant au quotidien dans le couple que forment Ben et George. c’est une relation très « fonctionnelle ». George est un homme passionné par son travail, et très engagé dans sa relation avec Ben. la séparation les affecte très profondément. Pas seulement l’angoisse liée à la séparation, mais la peur d’abandonner en quelque sorte Ben. c’est lui, George, qui règle les tracas du quotidien » ponctue Alfred Molina.

LoveIsStrange1Parfois comique, souvent émouvant, ce récit est, malgré certaines baisses de rythme, une jolie réussite et une manière de revisiter le paysage compliqué de la Carte du tendre. Sans déconnecter le sentiment amoureux de la société qui l’entoure avec ses écueils, ses compromissions… Au final, ce film est un hymne réussi au bonheur de vivre et une vraie leçon d’optimisme.

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