LA JEUNE FILLE ET LA VIE

409451SUNHI, de Hong Sangsoo – 1h28

Avec  Yumi Jung, Sunkyn Lee, Sangjoong Kim et Jaeyoug Jung

Sortie : mercredi 9 juillet 2014

Je vote 3 sur 5

L’histoire ?

Jeune diplômée en cinéma, Sunhi demande une lettre de recommandations à Choi, son professeur. En chemin pour se rendre à l’université, elle croise son ex petit-ami Munsu. Quelques jours plus tard, elle rencontre aussi Jaehek, un réalisateur qu’elle fréquentait auparavant. Ces retrouvailles sont le tentatives pour Sunhi et ces hommes de se chercher, de se trouver et de comprendre qui est vraiment cette jeune femme.

21024033_20130801190030029Et alors ?

Figure du cinéma coréen, Hong Sangsoo aborde, ici, le registre de l’intime en racontant le parcours de cette jeune femme qui cherche un sens à sa vie et de ces trois hommes qui sont bien mal à l’aise face à elle. Un récit qui lui a été inspiré par plusieurs incidents personnels. Que ce soit une lettre de recommandation qu’un étudiant lui a demandé de réécrire  ou ce jour où il a entendu un collègue plus jeune donner des conseils que le cinéaste lui avait fait des années auparavant. Il ajoute : « Les gens sont avides de conseils face à l’incertitude ou à la confusion dans la vie, et ce besoin semble souvent très grand. J’avais l’impression que ces soi-disants conseils pouvaient être passés de bouche en bouche par ceux qui étaient prêts à les distribuer, comme s’ils étaient des produits manufacturés. »

541176En décrivant les interrogations de Sunhi face à son avenir, en montrant les relations complexes qu’elle entretient avec les hommes, en évoquant par petites touches des émotions et des désirs, le réalisateur coréen montre avec une grande sensibilité cette difficulté à faire des choix, à se prononcer sans avoir le soutien des autres. L’ivresse de certaine séquences devient alors symbolique de la difficulté à s’assumer et du désir d’oublier le réel.

Il le fait aussi en utilisant les sensations que l’on éprouve au passage des saisons avec de beaux plans dans le jardin magnifique où se retrouvent au final les principaux protagonistes de ce récit. Le tout n’est pas dénué d’humour dont le cinéaste use pour donner un autre relief à son histoire, aussi bien dans la scène du restaurant dont la patronne insiste pour faire goûter le meilleur poulet du quartier que dans les retrouvailles finales où le professeur Choi essaie par tous les moyens de faire partir ses deux « rivaux ».

Dans cette histoire au rythme lent,   Yumi Jung promène sa silhouette gracieuse et agit comme un révélateur sur le comportement de ces trois hommes. Un film fin, élégant et qui, sous une facture classique, n’est pas sans une certaine force.

Laisser un commentaire