LA MUSIQUE COMME LIBERTE

LES FILS DU VENT, documentaire – de Bruno Lejean – 1h36

 avec  Ninine Garcia, Tchavolo Schmitt, Angelo Debarre et Moreno

Sortie : mercredi 10 octobre 2012

Je vote :  3 sur 5

Quezako ?

Angelo Debarre, Moreno, Ninine Garcia et Tchavolo Schmitt (ci-contre) sont guitaristes et Manouches. Jouant  la musique de Django dont ils perpétuent le tradition, ils défendent leur mode de vie indépendant.

Pourquoi ce doc fait rêver ?

Après huit ans de quête, alors qu’aucune télé ne voulait miser sur un tel doc, Bruno Lejean a réussi à se faire accepter par les manouches au point de les filmer dans leur quotidien, leur vie de famille, ce qui est très rare pour un gadjo. Longtemps stigmatisés -leur fameux carnet de circulation vient tout juste d’être aboli par le Conseil constitutionnel, tout un symbole- les manouches se dévoilent rarement devant un gadjo. Film musical s’il en est, Les Fils du vent est aussi la découverte d’un mode de vie nomade -un seul d’entre eux s’est sédentarisé- où la fraternité et la vie de famille sont au cœur des relations sociales.  Un mode de vie singulier que résume ainsi Angelo Debarre : « Le voyage, c’est la nature, c’est la vie et surtout en musique. »

Vivre en groupe ne signifie pas penser en rond. Chacun de ces guitaristes a une personnalité bien trempée. Dans de belles séquences, Bruno Lejean montre comment Tchavolo dialogue, guitare en main, face à la mer en Bretagne. Quant à Ninine, il lance avec humour : « Si la gitanie avait un drapeau, on mettrait une guitare et un hérisson… » Cette découverte du monde manouche fait tout le sel de ce beau documentaire, même si parfois Bruno Lejean multiplie un peu trop les plans sur la nature, les champs…

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Et puis, il y a la claque de ces musiques et de ces guitaristes virtuoses dont les doigts courent sur le manche d’un instrument à une allure folle. Pour Moreno, un « bon guitariste, c’est quelqu’un qui a une âme et joue avec le cœur. » A les écouter, on se dit alors que ces mecs ont un cœur gros comme ça. Avec une caméra discrète mais qui capte le moindre détail, Bruno Lejean montre bien enfin comment ces artistes transmettent le savoir au sein de la famille après avoir appris en copiant les anciens. Comme si cet apprentissage était un rite pour atteindre l’âge adulte. Il faut voir le regard que porte Angelo sur son fils en train de jouer pour mesurer l’importance d’une telle éducation. Une belle plongée dans la culture manouche qui tombe à pic au moment où d’aucuns aiment stigmatiser la différence…

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