LES COMBATTANTS DE L’OMBRE
de Bernard George
Les mercredis 12,19 et 26 octobre 2011 – 20h40
Mon avis : 3 sur 4
De Berlin à Londres, via Athènes, Paris, ils se levèrent pour dire « non ». « Non » à l’invasion nazie, non à cette occupation barbare. Une série documentaire inédite raconte l’histoire de ceux qui se sont levé contre le Reich. Riche même malgré un parti-pris de réalisation parfois lourd.
Tourner dans 14 pays d’Europe pour narrer ces combats de l’ombre était une vraie gageure. Relevée avec succès par Bernard George dans ces Combattants de l’ombre. Il raconte : « J’ai été conforté dans l’idée que c’est la somme des grands destins qui constitue la grande Histoire. » De fait, du Français Stéphane Hessel au Grec Apostolos Santas via Marcel Frankson et Andrée Dumon, pour les Belges, ces témoins dont les propos surprennent par la simplicité et une absence d’orgueil, qu’auraient pu justifier des actions hors du commun, reviennent sur leur vie dans l’ombre. Et comment l’irruption des nazis bouleversa les règles de jeu classique. « Ainsi, le Polonais Wladyslaw Bartoszewski qui note : « Ce genre de guerre à la façon d’Hitler nous était totalement inconnu. C’était comme une œuvre nouvelle créée sous nos yeux. »


Avec une foule d’anecdotes qui font le sel de tous ces témoignages, ces « héros » de l’ombre font revivre tout un pan de l’histoire qui correspond à leur jeunesse. Ils nous surprennent parfois par la simplicité de leur engagement qui semblait couler de source, malgré le danger bien réel. Ainsi Andrée Dumon raconte comment elle distribua des « V » (pour victoire) découpée dans les journaux en jetant ces petits bouts de papier dans une tournée en vélo. Comme le note son compagnon de lutte Marcel Frankson : « A ce moment-là, on n’imaginait pas une Résistance armée, c’était une Résistance psychologique. »
Les seules limites de cet exercice au long cours, c’est le choix à la mode de « reconstitutions historiques », comme les nomme Bernard George. Certes, il faut trouver une forme plus moderne pour capter le public le plus large, certes, il y a pénurie d’images d’archives mais ces reconstitutions n’apportent pas grand-chose au rythme de ces -passionnants- témoignages. La force de ces engagements suffisait. Ainsi quand Jorgen Kieler, vieux Danois si digne, note sans élever la voix : « Etre occupé, c’est une chose mais ne pas avoir résisté du tout, c’était vraiment incompréhensible. »
Lectures +
+Arte propose un programme interactif sur www.arte.tv/Combattants
+Le livre, signé Bernard George et Ambre Rouvière, est paru chez Albin Michel
+ Le DVD sortira chez Arte Editions le 19 octobre prochain.

