Grace doit aussi compter avec une belle famille, marquée par un suicide, des maladies nerveuses, des maladies dégénératives. Bref, rien qui ne puisse lui permettre de reprendre pied avec la réalité. Au passage, on retrouve dans les rôles secondaires Sissy Spacek, en vieille dame apeurée, et Nick Nolte, bougon à souhait.
Adaptant le roman, Crève, mon amour, de l’auteur argentine Ariana Karwics, et publie en 2012, Lynne Ramsay utilise ici avec habileté les paysages de la campagne paumée qui lui de décor dans la ville de Calgary ( province de l’Alberta) au Canada, au portrait d’une famille en pleine crise.
Enfin, pour renforcer l’atmosphère étouffante dans laquelle évolue en permanence Grace, la cinéaste a privilégié le procédé de la « nuit américaine » où l’on place un filtre sombre sur l’objectif de la caméra donnant l’illusion d’une séquence ayant lieu au crépuscule. Comme si cette jeune femme vivait en permanence dans une vie parallèle.
Pas toujours exempt de certaines longueurs, ce drame domestique est un portrait émouvant d’une dérive amoureuse et sociale.
