Destins de femmes

Loin des images de carte postale du Costa Rica, la réalisatrice a opté pour la ville de San José où elle a grandi et qui présente un décor assez banal, voire laid. Elle commente : « Ceux qui visitent le Costa Rica vont directement à la plage et évitent tant qu’ils le peuvent cette ville. Ceux qui y vivent la subissent. San José n’existe pas, dans l’imaginaire international. Et peut-être qu’elle n’existe pas tout court ! Tous les beaux bâtiments sont régulièrement rasés pour être transformés en parking. Son artère centrale est traversée par une route panaméricaine où roulent tous les gros camions de marchandises. Pourtant, je continue de croire que cette ville, chaotique, disparate a le droit d’exister, le droit d’être regardée. »

Le cadre se prête bien aux errances réciproques de ces trois femmes qui se croisent et sont motivées par des désirs différents. Pour autant, et malgré le talent des trois actrices – elles ont reçu, ensemble,  le Prix d’interprétation féminine – le film manque de rythme, se répète un peu et finit par tourner en rond. Même quand Elsa va à la police parce qu’Amalia a disparu et raconte qu’un tueur à gages passe chez elle, on a le sentiment que cela ne bouleverse pas l’officier. Pas plus que le spectateur finalement qui finit par regarder ces tranches de vie avec une vraie distance. Et même si, avec ses fantômes, la jeune sort apporte une touche plus onirique, il manque un peu de rythme à l’ensemble.

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