Évoquant des thèmes souvent évoqués de nos jours – du contentement à la honte, en passant par le sentiment de ne pas être « à sa place » dans la société – le film échappe à toute voyeurisme, notamment dans la séquence réussie de la défloration où la brutalité de l’acte se « voit » dans le regard d’Annie, qui exprime tout sauf le consentement. En optant pour une caméra subjective, Judith Godrèche met le spectateur au plus près d’elle et nous fait partager ce sentiment de distanciation de la jeune fille. Enfin, on mesure comment la jeune Annie est ensuite rejetée par une partie des filles du groupe
L’adaptation du roman d’Annie Ernaux est respectueuse et le casting est équilibré. On peut juste regretter une mise en scène un peu trop sage où la réalisatrice utilise bien des techniques comme une bonne élève sans pour autant prendre de vrais risques de mise en scène. Un film qui mise enfin, avec une réussite certaine sur bien des acteurs de la nouvelle génération comme Victor Bonnel, vu dans L’Épreuve du feu. Un film qui, au demeurant, montre bien la mise sous contrainte de cette jeune monitrice dans une colonie de vacances.
