Tout en célébrant ce chant, le film évoque aussi, à travers d’authentiques images d’archives en 8 mm le nécessaire exil des maltais pour des pays aussi lointains que l’Australie afin d’y trouver du travail. L’équipe du film a ainsi déniché des archives inédites après d’une famille maltaise qui s’est installée en Australie.
Sur le plan de la réalisation, Alex Camilleri saisit bien les décors de Malte, loin des images d’Épinal de La Vallette, où, sous une lumière méditerranéenne éclatante, des terres abandonnées côtoient une urbanisation plus ou moins réussie. Pour ce faire, il s’est inspiré aussi des aquarelles maltaises du peintre anglais Rigby Graham.
Avec ces errances à Gozo, une des îles de l’archipel , plus sauvage et authentique, le film est une belle célébration de la force de certaines traditions qui permettent de donner du sens à une existence. Par des duels drôles et saisis par une caméra très mobile, Alex Camilleri montre aussi l’étonnante modernité de cet art où l’on retrouve quelques sonorités de la chanson italienne (on pense parfois aux chants populaires répertoriés par Giovanna Marini) et même du fado dans le jeu des guitares.
