Marina Vlady : son vol s’est arrêté

DISPARITION

Née en 1938 à Clichy, d’une famille d’émigrés russes, Marina Vlady vient de disparaître. Elle avait 88 ans. L’actrice-romancière et chanteuse a mené une carrière et une vie sans sacrifier un pouce à sa liberté, ni renier le moindre de ses engagements politiques.

Marina Vlady – de son vrai nom Catherine Marina de Poliakoff – égérie du cinéma italien et français, avait  débuté sa carrière très jeune, dans Avant le déluge, d’André Cayatte (1954), qui lui valut le prix Suzanne Bianchetti, la récompense de l’actrice la plus prometteuse : elle n’avait que 16 ans.Dix ans plus tard, elle remporte le Prix d’interprétation au Festival de Cannes en 1963 pour Le Lit conjugal, de Marco Ferreri.

Cultivant un esprit d’indépendance, Marina Vlady a tourné dans plus de 80 films, jouant aussi bien avec Jean-Luc Godard, Orson Welles ou encore Bertrand Tavernier qu’avec des auteurs plus populaires comme Michel Boisrond ou encore Jean-Marie Poiré.

L’actrice était aussi chanteuse, elle qui avait débuté dans un groupe formé avec ses sœurs sous le nom de scène « Les Sœurs Poliakoff. Si elle avait épousé le metteur en scène Robert Hossein, qui la dirigea dans plusieurs de ses films, Marina Vlady avait aussi chanté avec Vladimir Vissotsky, pour qui elle était partie s’installer à Moscou jusqu’à la mort de celui-ci, en 1980 après une vie d’excès et de persécution politique et une carrière théâtrale magistrale avec la troupe du théâtre avant-gardiste de la Taganka, dirigé par Iouri Lioubimov. Une histoire qui lui inspira le très beau récit de Vladimir ou le vol arrêté sorti en 1987 et qu’elle adaptera au théâtre des Bouffes du Nord en novembre 2006. Dans la préface d’un recueil de poèmes-chansons de Vissotsky, Ballades (*), elle écrivait encore évoquant le peu d’explications donnée par cet artiste révolté et libertaire sur les secrets de son inspiration : « Au demandes glissées à ses pieds sur de petits bouts de papier durant ses concerts clandestins, il ne répondait pas plus. « Tout ce que j’ai à dire, je le dis dans mes poèmes. Je veux que la salle reste allumée. Je veux que vous travailliez avec moi. »

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