Si l’on a un peu peur au début de rester en marge de l’histoire, on finit par accrocher à ces deux destins nourris de blessures multiples. Ainsi, à un moment, Christine lance : « Je pense que je suis une merde… J’n’ai rien fait de ma vie ! » Ensuite, petit à petit, on aperçoit l’ampleur des violences maternelles subies par Christine et sa sœur, cette mère qui reconnaissait devant l’autorité judiciaire qu’elle « élevait ses enfants à la baguette. »
Sur une bande son pop, non dénuée de mélancolie en forme de retour sur les années 80 – Eurythmics y croise Lio – Gouffres et merveilles capte bien des instants de ces confidences qui ne sont jamais impudiques. Et le montage de Xavier Sirven – remarqué entre autres pour son travail sur L’Histoire de Souleyman – apporte un rythme certain à ce voyage au pays de la mémoire.
Si le terme du voyage peut laisser un peu sur sa faim, si certaines étapes sont parfois un peu longues (au camping notamment), ce périple ménage quelques moments où l’émotion (réelle) est tempérée par une certaine dose d’humour. Ce qui permet aussi de prendre une forme de distance face aux drames vécus par les deux compagnons de route.
