Au fil des heures, dans un déroulement qui n’est pas sans rappeler le rythme de la tragédie antique, le futur de cette famille recomposée dépend d’un regard lucide sur son passé. Et Patricia López Arnaiz ((Goya de la meilleure actrice en 2026 pour Les Dimanches) campe avec finesse et force cette mère qui croit par moment vivre un cauchemar éveillé. Dans le plan séquence d’ouverture, par le seul jeu de regard, elle plonge le spectateur dans une atmosphère d’emblée mystérieuse avant que l’on ne découvre qui est son interlocuteur. Quant à Javier Rey, derrière un jeu tout en retenue, il parvient à incarner un père plus inquiétant qu’il n’y paraît de prime abord.
Alberto Gastesi signe ici une fable futuriste dérangeante qui touche aussi bien au mélodrame qu’à une réflexion métaphysique. Si la première partie maintient le spectateur en haleine avec des séquences qui dérangent parfois, qui l’interpellent (souvent), ce drame psychologique perd un peu de son intensité dans la deuxième partie dès lors que certaines « choses » sont montrées et ne stimulent plus aussi fortement l’imaginaire et le film perd un peu de son rythme initial. Il n’en demeure pas moins que le scénario reste original. Et le projet ambitieux.
