Un pamphlet contre les dogmes

En prime, c’est vraiment un objet cinématographique et Cristian Mungiu utilise, à l’aide du grand angle notamment et d’une grande profondeur de champ, le décor naturel du fjord comme élément dramatique, une espèce d’austère décor de théâtre tragique dans lequel les personnes semblent circuler librement, tant l’horizon reste ouvert sur la Nature Dans cet univers ouaté – le fjord étant aussi un lieu refermé sur lui-même – la crise provoquée par cette éducation très pieuse prend une singulière intensité. Et les séquences de procès avec, à travers les larges vitres du tribunal,  ce paysage magnifique rend, par contraste,  encore plus forts les propos qui y sont tenus. Car, in fine, les « méchants » serait-ils aussi méchants que ça et les « bons » aussi respectables ? Avec une habileté démoniaque, Mungiu nous laisse nous débrouiller avec ces tranches de vie singulières.

Un film dont le propos, très politique, est d’une grande subtilité (même s’il est ambigu) et ne peut que susciter un débat dans un monde de plus en plus envahi par le champ du religieux et d’un certain conformisme moral…

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