Un choc colonial moderne

Jouant sur deux territoires, Paradise est l’odyssée de deux hommes qui, à distance, ont la même quête : trouver une figure de confiance dans une société mondialisée bercée par l’illusion numérique. Et qui va renforcer encore la violence exercée par certains gangs.

Si la vie en Afrique de Kojo est décrite avec un grand réalisme, montrant le quotidien des « brouteurs » sur lesquels le réalisateur s’est beaucoup documenté, si les comédiens jouent avec une vraie justesse de ton, le voyage de Tony chez « l’ennemi », alors qu’il ne connaît rien des codes de l’Afrique et encore moins de ces enfants des rues, paraît parfois peu vraisemblable. Il reste néanmoins une approche subtile du choc d’un ancien colonialisme avec une nouvelle hiérarchie locale car, in fine, Tony exprime aussi une certaine volonté de puissance.

Loin d’un simple folklore de délinquance, Paradise porte un regard original sur les nouveaux Far West, et évoque aussi notre ultra moderne solitude dans un monde des plus connectés où les relations sentimentales se jouent à des kilomètres de distance.

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