Alors que sa vie professionnelle semble sur des rails, cet avocat perd en quelques semaines le contrôle et doit colmater bien des brèches, en ayant en prime ouvert quelques blessures familiales. Un détail montre comment l’avocat a voulu couper avec son passé : de Mustafa, il est devenu Mathieu et, à l’image, les changements de décors, de costume, de voitures montrent bien la rupture qu’il a vécue, voire choisie dans un premier temps. Un film dont le point de départ a été inspiré du propre parcours du cinéaste qui évoque ainsi sa carrière : “celle d’un enfant turc arrivé en France et ayant grandi avec sa famille dans une communauté d’immigrés. Tout comme mon personnage, j’ai poursuivi des études au cours desquelles j’ai changé de prénom pour faciliter mon avenir professionnel. Ce choix a créé une distance inévitable avec mes racines. Un dilemme qui a donné le point de départ de mon film.”
Très bien mené, ce thriller repose sur un montage nerveux et joue visuellement de manière subtile sur les atmosphères nocturnes ou encore certains intérieurs enfumé qui renforce l’atmosphère oppressante vécue par l’avocat.
