Tout ce petit monde est vu à travers le personnage central de Veska, cet archéologue qui, petit à petit, va découvrir, grâce à cet ami d’enfance, le revers du décor. Dirigeant son groupe, elle est celle qui, symboliquement encore, révèle ce qui est enfoui au plus profond des mémoires et qui devrait y rester à jamais. Son retour au pays agit de même comme un révélateur. Et ce rôle féminin central est portée de bout en bout par l’extraordinaire Yana Radeva, dont la présence ne laisse personne indifférent, laissant entrevoir certaines blessures passées que, et tout l’intérêt est là, chacun peut imaginer à sa manière. Enfin, on ne peut être qu’étonné par la manière dont la cinéaste fait tourner, avec succès, des non-professionnels apportant un vrai réalisme à l’histoire.
Dans une atmosphère de western européen et des moments presque documentaires très réalistes sur les séquences de fouilles, Valeska Grisebach signe un film aussi profond que complexe qui a été remarqué au dernier Festival de Cannes par un Prix du jury. Il aurait pu offrir à son actrice principale un Prix d’interprétation…
