Oscillant entre séquences dans le cinéma promis à la destruction, le village fantôme colonisé par la gamins et la grande ville, le film décrit aussi finement la réalité sociale indienne avec le poids des castes – le garçonnet est issu d’un lignée brahmane, ce qui lui interdit a priori de faire du cinéma – le jeune Bhavin risque le tout pour le tout pour assouvir sa passion. De même, quand il suit les camions de déménagement du matériel du cinéma promis à la destruction, Pan Nalin montre bien le revers d’un libéralisme forcené avec des ouvriers transformant pellicules et ferrailles en de nouveaux produits dans des ateliers qui dégagent une vraie fumée toxique.
La mise en scène très fluide joue sur le contraste entre la campagne et son univers calme et poétique en apparence préservée et la ville où la saleté et la pollution sont très présentes. Sans parler du bruit permanent.
Très bel hymne à l’imaginaire et à la création, le film montre sans larmoyer comment des enfants qui possèdent très peu, ont une grande capacité d’invention. Avec une phrase clé qui résume bien l’enjeu : « Quand on n’a rien, rien ne peut nous arrêter. »
