Si la mise en scène est parfois très complaisante sur la violence avec des gros plans sur les blessures – la suggestion fait parfois plus d’effet qu’un réalisme forcé – Michael Sarnoski réussit une mise en scène ample, qui tire le meilleur parti des paysages sauvages d’Irlande du Nord, des décors naturels qui lui semblaient aptes à traduire la rudesse du XIIIe siècle. Et l’on retrouve même plusieurs lieux qui ont servi à Game of Thrones. Enfin, le travail du chef opérateur Pat Scola renforce le côté dramatique du récit avec un passage des tons gris froids pour les scènes de combat à des couleurs plus chaleureuses quand Robin est recueilli dans le Prieuré.
Une chose est sûre : cette version, spectaculaire à souhait, a le mérite de l’originalité et joue sur des relations humaines singulières avec même la figure du lépreux qui devient presque un directeur de conscience pour Robin. Dans ce récit, tous les personnages ne sont jamais d’un seul bloc : ni fieffés salauds, ni héros sortant de l’ordinaire. Finalement, ce sont des humains pas vraiment extraordinaires, mais confrontés à des destins funestes à une époque où misère et violence sont partout. En cela, l’histoire offre une certaine modernité.
