En prime, Jacques Prévert (c’est sa quatrième collaboration avec Carné) a mitonné des dialogues qui sonnent juste dans cette adaptation d’un court scénario proposé au cinéaste par son voisin de palier, Jacques Viot, et Alexandre Trauner a posé sa singulière griffe sur les décors. Enfin, c’est la dernière contribution musicale au cinéma de Maurice Jaubert qui sera tué au début de la guerre en juin 1940.
Dans cette atmosphère de tragédie antique, rien n’est sur-joué et les comédiens campent tous des personnages qui ne sont pas d’un bloc et marchent résolument vers une issue qui ne peut être que fatale.
Un film qui symbolise avec brio et profondeur ce réalisme poétique du cinéma français des années 35/40. Pour l’anecdote, le film a été tourné au studio de Boulogne-Billancourt, une ville dont une avenue porte depuis le nom, près du Stade Pierre de Coubertin.
