Symbole de la modernité en marche, sa maison d’enfance a été rachetée par une famille londonienne aisée et qui a remplacé les vieux objets de pêche par une décoration de « bobos » angmais. Une famille presque étonnée de déclencher la colère de l’autochtone quand leur Range Rover bloque l’accès au port.
Drame bizarre avec son montage en forme de kaléidoscope, avec des sauts du passé au présent, une rythmique de plans serrés sur des mains de travailleurs, une image volontairement rayée parfois, BAIT est un film artisanal d’une grande puissance. Un film qui témoigne de la violence d’un monde qui se termine et d’une tragédie en marche qu’aucun discours ne peut entraver. Il « suffit » de faire suivre la réparation du casier à homard dans le bar, le dîner aux chandelles très bourgeois et le repas de pâtes de la classe ouvrière dans la cuisine du conseil municipal pour faire ressentir les fissures qu’un monde ancien est en train de subir et qui précipitent sa disparition.
