Si l’hermétisme du film peut dérouter, la mise en scène de ces Échos du passé est d’une grande maîtrise formelle. Et la réalisatrice fait avec Fabien Gamper, le directeur de la photographie, un vrai travail d’orfèvre, en s’inspirant de l’univers flou et mystérieux de la photographe Francesca Woodman qui développa notamment le thème de l’ange dans sa photographie et a signé aussi des clichés de corps flous, presque fantomatiques. On retrouve dans le film cette atmosphère flottante qui crée un malaise certain et permet à l’imagination de se libérer. Esthétiquement, l’effet est assez saisissant. On est aussi surpris du résultat quand on sait que les conditions de tournage qui ne devait pas excéder 34 jours a conduit l’équipe à travailler en se jouant des contraintes et d’une météo très capricieuse en raison de la pluie très présente.
Enfin, Mascha Schilinski (qui dévoile quelques secrets de fabrication dans le bonus du film) a pu compter sur les habitants du village où le film a été tourné et qui ont ouvert leurs granges et prêté des objets tout en partageant des histoires avec l’équipe de tournage.
Un film visuellement très fort.
