L’instrument de la liberté

C’est aussi le portrait lumineux de cette femme pleine de grâce qui se dévoue pour l’adolescent inconnu : Cécile de France l’incarne avec la sensibilité et le naturel qui sont les siens. Et il lui faut un esprit de tolérance pour apprivoiser l’ado rebelle qui est une cible facile pour des trafiquants locaux. Une des astuces de l’histoire est de ne jamais tenter d’expliquer pourquoi Samantha accueille l’enfant et s’occupe de lui, et, en refusant une explication psychologique, le film met la bonté en première ligne, en se gardant bien de faire du bien une question de morale. Samantha a un besoin presque « vital » de le faire.

La mise en scène  précise et sans pathos, avec des cadrages serrés, des visages au naturel et des rues sans horizon, renforce la puissance d’une histoire dépouillée de toute musique illustrative, sauf quelques mesures de Beethoven. Au Festival de Cannes, le film a remporté le Grand Prix, ex æquo avec Il était une fois en Anatolie, de Nuri Bilge Ceylan.

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