Une mise en scène originale. Signée du réalisateur israélien Hagai Levi (inspirateur de l’extraordinaire série En thérapie), l’histoire tire sa force dérangeante de la transposition du récit dans un Amsterdam contemporain comme s’il s’agissait d’une dystopie. En dehors de ce qui se passe, rien n’indique vraiment le passé. C’est ce qui rend le film dérangeant car, petit à petit, le passé vient contaminer le présent, conférant à l’ensemble une atmosphère inquiétante et nous rend presque « acteur » de ce drame, voire spectateur passif. Cette occupation « tombe » sur le spectateur comme elle pouvait tomber sur n’importe qui, à cette époque. Et dans ce contexte, on mesure combien Etty Hillesum, si elle est une héroïne, l’est par son endurance intérieure. Le tout étant filmé par le réalisateur avec aucune esbroufe de réalisation, ce qui souligne l’intensité des scènes.
Une composition forte
Face à Sebastian Koch (La Vie des autres), qui campe un psy magnétique (à la fois amant et révélateur), Julia Windischbauer joue Etty avec une intensité qui ne diminue jamais au fil du récit. Une magnifique prestation de la comédienne.
Dans un contexte mondial marqué par bien des tourmentes et massacres, cette version contemporaine d’un drame passé et de ses abominations offre un écho dérangeant et qui ne peut que remuer le spectateur. Il nous interroge en particulier sur la noirceur du temps et en posant la question de la possibilité de vaincre la servitude volontaire…
