Avec Pauline Clément, il a trouvé la candidate idéale pour camper cette fille un brin paumée mais qui dégage une certaine poésie doublée d’une vraie drôlerie, tant elle semble décalée dans la vie de tous les jours. Sa douceur n’est pour autant pas synonyme d’esprit étroit, et on le mesure dans ses relations avec son patron, surnommé Paul Pot, tant il est autoritaire et hautain, mais qui cache en fait une vraie blessure intérieure – il s’est fait larguer- qui le pousse à consulter une espèce de mage, campé avec gourmandise par Bruno Podalydès. Et dans sa formation commerciale, Clémence n’a pas fini de jouer les troubles fêtes, en remettant en cause le bien fondé de certaines valeurs bien ancrées du capitalisme.
Avec en toile de fond, la vie d’une famille juive, pratiquante mais sans excès, Une fille en or est une tranche de vie émouvante d’une jeune fille qui n’est pas dans les rails d’une vie « classique ». Une tranche de vie portée par des chansons pop italiennes, créées par le cinéaste lui-même avec le musicien Frédéric Norel, car il n’a pas réussi à obtenir les droits de chansons de cette époque. Et le résultat est tout à fait concluant.
