Sans être racoleur mais en dévoilant parfois des moments très dures (la séquence avec la pieuvre est écœurante), le film montre frontalement le quotidien de cette humanité qui vit du sexe. Même avec la présence d’une coordinatrice d’intimité, Philine Janssens, dès la pré-production, le casting n’a pas été un voyage de tout repos, eu égard à un tel thème. La réalisatrice souligne : « L’une des choses que j’ai appréciées dans celle de Caolán O’Gorman est qu’il n’essayait pas de « se vendre ». Il est naturellement introverti et parle doucement, et il a partagé des expériences clés avec son personnage, notamment la perte de sa mère à l’âge de 12 ans. »
Optant pour une « lumière diffuse », tout en se servant largement de la lumière naturelle, la directrice de photographie, Myrthe Mosterman a su créer une atmosphère naturelle, ce qui rend les séquences encore plus réalistes et suscite ce fameux malaise pour le spectateur, témoin de ces vies en marge. Un opus dérangeant qui montre aussi -et c’est sa force dans un tel contexte – comment une sexualité « classique » (celle qui va naître entre les adolescents), chaleureuse, est heureusement possible. Et quand l’amour mécanique cède le champ à un amour qui passe d’abord par les vrais sentiments et le respect de l’autre.
