Une photographe sur tous les fronts

À l’écran, Kate Winslet campe avec fougue la photographe qui fut, comme on le voit dans une des séquences les plus dures du film, la première à rapporter des photographies des camps de Buchenwald et de Dachau (dans le film, les couleurs sont dessaturées pour avoir un effet noir et blanc les rapprochant des photos de Lee Miller). Le visage nu de maquillage, elle exprime bien comment cette femme libre, marquée par un traumatisme durant son enfance, n’hésite pas à prendre tous les risques, alors que l’armée refuse aux femmes l’accès aux premières lignes, pour témoigner de la guerre. Après une chute le premier jour de tournage qui lui cause plusieurs hématomes à la colonne vertébrale, l’actrice a eu quelques difficultés à se mouvoir, ce qui correspond aussi à Lee Miller qui souffrait de problèmes de dos.

Plus anecdotique, et néanmoins réussie, la séquence où Lee Miller se baigne dans la salle de bain de Hitler montre comment elle pouvait manier un forme d’humour noir. L’accord du fils de la photographe a permis que ce soit les vrais clichés de Lee Miller qui soient visibles dans le film, ce qui confère une réelle vraisemblance à ce biopic.

Si la composition de la comédienne est à la hauteur de la vie mythique de la photographe, la réalisation de Ellen Kuras n’évite pas les pièges du cinéma hollywoodien dans le côté surligné de certaines séquences et elle est d’une facture très classique.

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