L’enfant et le dictateur

Une direction d’acteurs remarquable. On ne peut qu’être bluffé par la maturité de jeu des deux jeunes comédiens qui portent l’histoire de bout en bout sur leurs épaules. Et ce, d’autant plus qu’en Irak, il est mal vu dans les quartiers populaires de laisser une jeune femme ou une fille apparaître dans film. Le cinéaste souligne : « Je voulais trouver les personnages tels qu’ils sont dans la vie et je souhaitais simplement les filmer tels quels. » Un défi relevé haut la main.

Une mise en scène splendide. Ayant tourné son film en Irak, dans des lieux parfois hautement symboliques comme la séquence du restaurant dans un établissement où Saddam Hussein avait ses habitudes dans sa jeunesse, Hasan Sadi réussit un bel exercice d’équilibre entre le réalisme et une forme d’onirisme, avec notamment les séquences magnifiques des maisons lacustres marquée par les incendies de certaines d’entre elles. Un univers poétique, malgré la misère ambiante, qui renvoie, avec la fraternité qui y règne, à l’univers des contes orientaux. Et dont le calme rompt avec la violence de la quête faite par Lamia et son ami.

Montrant parfaitement comment le peuple doit survivre dans une telle dictature, ce film est aussi beau visuellement que fort humainement. Incontournable !

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