La vie selon Depardon

RÉTROSPECTIVE

Après Depardon Citoyen, une rétrospective Depardon cinéaste est proposé dans certaines salles en France à compter du 4 février. Au menu, une série de films où l’humain est toujours au centre des préoccupations du reporter qui disait : « Le réel un avantage considérable sur la fiction : celui d’être unique. »


Le cycle Depardon cinéaste comprend des opus plus « politiques » en ce sens qu’il se glisse dans le sillage d’une figure figure politique, que ce soit 1974 : une partie de campagne, dans les coulisses de la Présidentielle gagnée par Valery Giscard d’Estaing ou Reporters où suit pas à pas les reporters de l’agence Gamma et propose une étonnante plongée dans la vie politique et mondaine des années 80. Même si le son n’est pas toujours parfait, le doc capte de manière singulière l’énergie de ce milieu survolté. Évoquant cette partie de campagne avec VGE, il expliquait : « Giscard aimait être seul et détestait les états-majors. Mais il n’oublie jamais la caméra, c’est un grand acteur, un séducteur, un manipulateur. Parfois, je n’arrête pas d’enregistrer alors qu’il croit que c’est fini. Je saisis alors des choses qu’il ne contrôle plus. Tout le film repose sur cela. » Se supportant mal de se voir ainsi au naturel, VGE avait bloqué la diffusion et il a fallu attendre février 2002 pour que le doc soit diffusé sur Arte comme au cinéma.

Dans cette série de documentaires, l’un mérite l’arrêt sur images, c’est Les Années déclic, sorti en 1984. Avec Roger Ikhlef, il se livre à un exercice autobiographique et raconte comment, fils de cultivateurs de Villefranche-sur-Saône, et propriétaires de la ferme du Garet, il a pu devenir reporter et arpenter le monde grâce à la photographie. Le visage cadré serré dans un halo de lumière, il se décrit à travers ses photos sur r une période de 20 ans, de 1957 à 1977. Le même côté intime se retrouve dans son Journal de France (2012), où il refait un voyage dans le temps, retrouvant des films inédits gardés précieusement, et propose des bribes de son histoire qui est aussi parfois la nôtre.

Une chose est sûre : ce nouveau cycle dédié à l’œuvre de Raymond Depardon, né en 1942, montre la profonde humanité qui se dégage de son regard aussi bien photographique que cinématographique.

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